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ARZEWVILLE, la mer et les palmiers de mon enfance.
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Le Père Podesta

Que fut l'Abbé Podesta pour les petits Arzewiens?

" Arzew...Du Soleil... à l'Ombre... " de Camille SOLER

D'après un chapitre du livre qui dit :

Au début de l'automne l'Abbé décida l'ouverture du patronage.

Dès lors, chaque jeudi, une meute d'enfants, toujours plus importante de semaine en semaine, tempérait ses ardeurs dans la rue Jean Jaurès.

La rue vibrait aux cris et rires des gamins qui manifestaient, à leur façon, leur joie de vivre et de s'exprimer. Vers quatorze heures, la troupe s'ébranlait : les plus intrépides en avant, les plus timorés autour du curé qui prenait par la main deux des plus petits.

L'esplanade des remparts assoupie sous les eucalyptus odorants était investie par le flux des garçons puis bien vite abandonnée à sa somnolence.
Le long boulevard du quartier des jardins venait ensuite présenter da perspective rectiligne aux jeunes jambes nerveuses.

De belles maisons aux jardins soignés révélaient, entre les fusains, l'esthétique et le confort bourgeois jusqu'alors inconnus des enfants habitués à l'à peu près des cours familières. Ces incursions au delà des limites de la ville ouvraient des brèches sur le monde étroit et quotidien des quartiers, des rues, des cours. Les gouttes d'or des fleurs d'oxalides égayaient encore les chemins assombris par les nuées menaçantes en agitant sous le vent leur dernière vigueur et les garçons en cueillaient, pour grignoter ou sucer, les tiges à la saveur vinaigrée.
Chiens, chats, mulots, hérissons, lapins perdrix suspendaient toute activité dans leur domaine respectif et attendaient,non sans quelque anxiété que la troupe bourdonnante s'éloigne. Un chemin de terre succédait sans crier gare au boulevard défaillant. Il serpentait en douceur parmi les hauts grenadiers avant de faire halte au pied même de la bâtisse blanche.

La plaine heurtait le djebel clair sur les pentes duquel couraient des lignes d'arbousiers et des touffes de palmiers nains.
Tout autour du patronage, les enfants se débandaient à la recherche de coins propices aux jeux.
Les rameaux des figuiers, soudainement envahis, se mettaient à osciller dangereusement et les genêts blancs serrés dans leur dernier parfum servaient de repaire à des bandes d'indiens aux mines patibulaires. Les buttes s'utilisaient comme des tremplins pour des cabrioles de haute voltige. Dès lors, les moineaux, les fauvettes, les chardonnerets, tout ce petit monde d'oiseaux en émoi, regagnaient prudemment les hauteurs des frondaisons.

Le père Podesta jubilait à voir cette effervescence se poursuivre tout au long des heures et ce plaisir que prenaient les enfants constituait bien le meilleur encouragement pour la poursuite des objectifs fixés.

Le garage du presbytère fut désormais utilisé pour entreposer les cinq bicyclettes remises en état de marche par Sanchez, l'ancien champion cycliste local reconverti dans la réparation des cycles et des vélomoteurs. Puis, dix paires d'échasses fabriquées par l'un des fils Montaner, deux chariots à roulettes, un ballon de foot, étoffèrent rapidement les différents jeux disponibles.

Une bibliothèque placée dans l'une des pièces de l'étage combla d'aise les amateurs de bandes dessinées.

L'automne pouvait poursuivre son long cheminement, chaque jeudi, les garçons en compagnie du Père Podesta reprenaient la direction du patronage.
Parfois les retours au village s'animaient singulièrement lorsque la pluie et le vent conjuguaient leurs violences. Le prêtre tentait alors d'abriter un maximum de garçons sous les grandes ailes noires de sa cape protectrice. Ils se tenaient serré les uns contre les autres dans les plis sombres du vêtement et se laissaient guider.
Au dehors le vent dans sa fureur pouvait redoubler de puissance et de hargne, ils ne le craignaient plus.

Camille SOLER

Dieu l'a en sa sainte garde.

Merci à Antoine Gutierrez de nous avoir fait redecouvrir
les beaux textes de notre ami Arzewien Camille SOLER.

 

 

Les Souvenirs de notre ami Pierrot sur le " Patronnage "

A ceux qui fréquentaient le patronage de notre Abbé Podesta, pour tous les enfants que nous étions à l'époque!!

Certains d'entre nous doivent se rappeler, ce jeudi après midi ou notre curé est descendu de la butte (là ou il y avait un grand bâtiment) comme une furie, en colère, tout en remontant ses manches. Cela parce qu'un jeune, d'une vingtaine d'années, était venu pour jouer au ballon avec nous car une partie de foot se déroulait sur le terrain. Ça avait failli dégénérer! Mais les arguments de notre Don Camillo à nous ont été les plus forts. Personnellement je pense que le jeune en question voulait tout simplement participer à la partie avec les gamins que nous étions.

Pour se rendre au patronage il fallait prendre l'avenue depuis la Poste et monter jusqu'à la cinquième rue à gauche. C'était la dernière rue, après c'était l'accès à la montagne. Nous n'avions même pas besoin d'aller complètement à l'angle de la cinquième car il y avait un terrain vague et nous coupions à travers. De ce fait nous tombions directement sur le terrain du patronage.

Au départ c'était un maquis, je pense, et sûrement que l'abbé Podesta avait de sérieuses relations avec l'armée, car un jour est arrivé le génie militaire, avec bulldozer, niveleuse et rouleau compresseur. Le résultat fut magnifique car nous avions un beau terrain tout plat ce qui fit plus d'un heureux parmi nous. Au bout du terrain ça  faisait une butte dans laquelle ils ont  creusé des marches. Cela faisait un escalier et c'était bien pratique pour accéder aux bâtiments. Merci d'avoir pensé à nos petites jambes.

Nous n'allions pas toujours au patronage. Nous allions aussi à la crique ou à l'abattoir et malgré la bonne volonté de notre curé je ne suis jamais parvenu à nager. Toutes ces tasses d'eau salée que j'ai bue pour rien!!

Sinon c'était la route du Fort du Nord et nous marchions beaucoup plus loin, presque jusqu'à la Fontaine des Gazelles (là où après ils ont construit le camp du 5ième REI de la légion). C'était un marcheur infatigable! Un meneur d'enfants extraordinaire, et tout en douceur et gentillesse. Nous le suivions bien volontiers et avec enthousiasme!

Il nous parlait toujours avec douceur, ça nous changeait des coups de bâtons que nous prenions la semaine à l'école! N'oublions pas les films rigolos, les marionnettes, etc.  Au patronage et il en manque sûrement!! Je n'ai pas le souvenir qu'il y ait eu des vols car tout restait dans le bâtiment.

Pour tout ce que vous avez fait pour nous, ici bas, Merci Père Podesta.

J'espère que là-haut Dieu vous a donné la place que vous méritez. Oui, vous l'avez mérité de nous tous, les enfants, mais aussi des adultes. Tout le monde le sait, inutile de revenir sur des choses qui ont déjà été racontées.

C’était aussi ça ARZEW !!!

Ce n'est qu'un petit témoignage et j'espère que mes copains apprécieront....

Bien amicalement.

Pierrot CONTRERAS

 

 

Geneviève Juan nous entraine dans ses souvenirs et nous parle des filles d'Arzew....

On se laisse emporter par les écrits de Camille, on le voit le curé, avec ces sourcils embroussaillés et son sourire.

On entendrait bien les cris des garçons dans cette description, "le patronage", les filles nous en parlions entre nous, lieu interdit au filles, cela ne nous empêchait pas d'aller y jeter un oeil pour voir ce qui s'y faisait.

Le presbytère, aussi, lieu pour les garçons.

Nous avions pour nous l'école des soeurs, mais j'ai pu aller voir les films de Charlot chez le curé dans un brouhaha pas possible.

Chez les religieuses il y avait pour les filles, le Club Amitié, les Enfants de Marie....

Le père Lafourcade venant d'Oran chaque jeudi pour discuter avec nous. On jouait au théâtre, il y avait une grande salle avec une scène.......c'était hier.

 

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